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« La saudade est un ensemble très fort de plusieurs états d’âmes, comme un mélange de mélancolie, tristesse, regret, rêverie, nostalgie et insatisfaction. »

Quelque part,
Adam se prépare pour aller travailler. Une odeur de café froid flotte dans l’appartement.
Il s’arrête pour observer son reflet mal rasé dans le miroir sur le côté, ne reconnait aucun de ses traits. Anonyme.

Ailleurs,
Lucie regarde une vieille photo, les yeux embués de larmes.

Sur la plage,
C’est Mia qui fait s’écouler une poignée de sable entre ses doigts, comme le temps qui défile et qu’on ne peut remonter.
Les vagues viennent mordiller ses orteils. La mer est bleue, pure.

(d’)Autre part,
Claire. Qui laisse ses pensées s’envoler par la fenêtre ouverte, absorbée(s) par la lune.  Éclair.

Au même moment, chez lui,
Valentin fredonne un air de fado en souvenir de ses vacances.

Enfin,
Paul s’acharne. Derrière lui, une myriade de portraits d’inconnus et de rêvés.
Devant lui, une toile blanche, impossible à illustrer. Totalité.

 

Le texte qui vous a valu cette distinction est à propos des sentiments, en particulier la saudade, qui est un sentiment propre à la culture lusophone. Dans votre texte quel est pour vous le personnage qui vous représente le plus?

La saudade est un ensemble de sentiments, c’est presque impossible à expliquer et c’est pourquoi j’ai dû faire intervenir plusieurs personnages pour en parler, un peu comme une allégorie. Toutes ces personnes fonctionnent ensemble et représentent un tout alors j’aurai du mal à en choisir une. Je dirai qu’ils incarnent tous une part de moi à leur façon.

 

D’où vient cette passion pour les mots? Vous avez dit que vous avez commencé à l’âge de 13 ans, comment avez-vous démarré? Est-ce le premier concours auquel vous participez?

 J’ai commencé par écrire ce que l’on appelle des fanfictions sur internet, c’est-à-dire inventer des histoires en reprenant des univers ou des personnages qui existent déjà. Je n’avais jamais participé à un concours avant, je suis tombée sur l’annonce de Radio France pour le concours de la micro nouvelle par hasard.

 

Quand vous écrivez, est-ce souvent pour parler de la culture portugaise? Quel est votre lien avec le Portugal?

C’était la première fois que j’écrivais pour parler de la culture portugaise. Je suis portugaise moi-même et cette culture fait partie de moi, c’est quelque chose dont je suis très fière. Je suis en master Médias et médiation culturelle en portugais et aussi présidente de l’association des étudiants de portugais Avenida Saudade. On a organisé un voyage début octobre au Portugal, à Porto et Braga, et c’est en revenant que j’ai écrit ce texte parce que j’avais besoin de mettre des mots sur ce que je ressentais. La saudade m’a permis de faire le lien entre l’écriture et le Portugal.

 

Florence Oliveira