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Avec ou sans Brexit, #BRELCOME au Portugal

« Sometimes life plays little tricks and brings some changes. But there are a few things that will remain the same. You are part of our history and together, as allies, we changed the course of the world. No border will separate us »… Un extrait de film dramatique portant le nom « Brelcome »? Loin de là ! Il s’agit du descriptif d’une nouvelle campagne de promotion du tourisme, lancée le vendredi 15 mars, visant à attirer les touristes britanniques au Portugal dans un contexte de « Brexit toujours incertain ».

« Brexit peut être le mot, mais de nous, vous entendrez toujours Brelcome »… Ce slogan enjôleur lancé par le Portugal ciblant très clairement les anglo-saxons peut surprendre quelques-uns car il contraste avec l’attitude intransigeante, et peu inclinée à faire des cadeaux, dont a fait preuve l’Union européenne tout au long des négociations pour la sortie du Royaume-Uni.

Rappelons-le, les « vingt-sept » avaient fait le choix de négocier d’une seule voix en nommant Michel Barnier comme seul interlocuteur. Cette décision a mis en difficulté Londres – peu de possibilités pour les Britanniques de s’appuyer sur leur « jeu des alliances », et notamment d’utiliser leur « alliance historique » avec le Portugal, pour convaincre un à un les pays européens d’inférer en leur faveur dans les négociations de sortie. Aujourd’hui, les « British » sont très divisés et leur sort est toujours incertain…

Le mardi 12 mars, le Parlement britannique a une nouvelle fois voté le rejet de l’accord de sortie conclu entre Londres et Bruxelles par 391 voix contre 242. Pourtant le jour suivant, les députés britanniques se sont prononcés contre une éventuelle sortie sans accord et ont voté en faveur d’un report du Brexit, prévu en amont pour le 29 mars 2019.

Pour le Portugal, qu’il s’agisse d’un « hard Brexit » ou d’un « no deal », l’enjeu reste de sauvegarder le marché anglo-saxon, le premier dans le secteur touristique. En 2017, les touristes britanniques représentaient 15,3% du quota des touristes étrangers enregistrés dans des établissements hôteliers portugais, 22,3% du quota des nuitées et 17,5% des recettes touristiques. En 2018, ce marché a connu un recul de 6% entre janvier et novembre. Selon l’autorité touristique nationale portugaise, « Turismo de Portugal », cette régression est déjà une conséquence du « Brexit » qui arrive à son échéance.

Afin de ménager du mieux possible les conséquences néfastes du « divorce » avec le Royaume-Uni, le gouvernement portugais a préparé un plan de contingence dont fait partie intégrante la campagne de promotion « Brelcome ». Celle-ci coûtera 200 mil euros à l’État portugais et sera active jusqu’au mois de juin 2019.

Le Portugal est pionnier dans l’adoption de ce plan d’urgence en Europe et garantit aux Britanniques la préservation des conditions de voyage dont ils bénéficient actuellement comme l’exemption de visa, des corridors réservés dans les aéroports, l’utilisation de l’assurance maladie ou la reconnaissance de leur permis de conduire.

En tous cas, cette campagne risque de ne pas passer inaperçue. En plus de vanter le « sens de l’humour » (« seriously ? ») et la « joie de vivre » des Britanniques, la campagne met bien en avant le passé commun des deux nations comme « alliées », référence à la plus ancienne alliance militaire et diplomatique du monde datant de 1373. C’est curieux. Je me demande ce que pensaient les Britanniques de cette alliance en 1890… Quelques fois les intérêts nationaux passent avant quelconque alliance. N’est-ce d’ailleurs pas pour cette raison que nos amis « British » ont décidé de quitter l’UE ?

Adeline Afonso
Union des Européens Fédéralistes

capmag@capmagellan.org

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