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Brésil – un centre remet en forme des animaux pour les relâcher dans la nature

Au centre de récupération pour animaux de l'Ibama à Séropédica (Brésil), les oiseaux sont incités à reprendre leur envol via deux perchoirs éloignés agrémentés de nourriture. - MAURO PIMENTEL / AFP

A Séropédica au Brésil, un centre s’est donné pour mission de réadapter à la vie sauvage des animaux victimes de trafics, en vue d’une possible remise en liberté. Une démarche qui porte ses fruits.

Un centre de rééducation pour animaux victimes de trafics, c’est la démarche mise en place à Séropédica par l’Institut brésilien de l’environnement et des ressources naturelles (Ibama), à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Rio.

L’organisme d’Etat a notamment pour mission de prendre en charge les animaux sauvages qui ont été chassés, blessés ou domestiqués. Si le centre en reçoit environ 7000 par an, l’Ibama estime à 38 millions le nombre de ceux capturés illégalement dans la nature chaque année. Un commerce juteux qui générerait environ 2,2 milliards d’euros par an, principalement via la vente de petits oiseaux. Dans les quartiers populaires de Rio, posséder un oiseau en cage y est souvent traditionnel et des concours clandestins de chant d’oiseaux y sont parfois organisés.

Les rescapés qui parviennent au centre sont souvent en piteux état, les trafiquants n’ayant pas hésité à leur briser les os ou à leur couper les ailes pour les rendre plus dociles. Certains animaux ne survivent d’ailleurs pas aux éprouvantes conditions de transport imposées par les braconniers afin de rallier la ville. Pour les reptiles, singes et oiseaux survivants qui atterrissent au centre, un long travail de convalescence débute alors. Au programme : remise en forme, renforcement voire remise au vol.

Objectif : réadapter les animaux à la vie dans la nature

« Ici c’est l’école pour voler ! On les entraîne pour qu’ils soient prêts à la vie en liberté. Il faut aussi les préparer à identifier les prédateurs et à trouver de la nourriture« , explique Taciana Sherlock, l’une des vétérinaires du centre.

Puis peu à peu, l’équipe de l’Ibama tente d’espacer les contacts de son personnel avec les oiseaux afin de les déshabituer à la présence humaine. Une fois cette étape franchie, ils seront alors relâchés dans leur région d’origine. « La semaine dernière on a relâché 20 aras et toucans qui pouvaient voler, dans l’Etat de Goias (centre du Brésil) ! » se réjouit la vétérinaire.

Pour Roched Seba, un brésilien de 31 ans fondateur de l’ONG Instituto Vida Libre, rendre leur liberté aux animaux de la jungle est devenue une mission. Travaillant en partenariat avec l’Ibama, il se rend régulièrement au centre de Séropédica et ramène presque toujours un animal trouvé à Rio.

Pour certains pensionnaires, pas de remise en liberté possible

Mais pour certains animaux, une libération dans la nature n’est pas toujours envisageable. Trop habitués à la présence humaine, certains risqueraient de chercher le contact à tout prix et d’être capturés de nouveau. C’est par exemple le cas d’un petit oiseau tropical tout vert qui suit les vétérinaires sans arrêt. « Il a réappris à voler ici, il est libre de partir mais il reste tout le temps avec nous, c’est devenu la mascotte ici !« , explique Roched.

Pour d’autres comme Ariel, un raton laveur trouvé dans une favela, cette impossibilité est également liée à son état de santé. Apeuré, blessé et quasiment aveugle, ses chances de survie en pleine nature semblent faible. Pour le fondateur de l’ONG : « il ne sera jamais en condition de retourner dans la nature« . Un triste constat qui ne manque pas de rappeler la dure réalité du trafic d’animaux et les conséquences qui en découlent.

Source : sciencesetavenir.fr