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Chronique littérature : Le collectionneur d’herbe de Francisco José Viegas

Sortie du dernier roman de Francisco José Viegas, Le collectionneur d’herbe, traduit par Pierre Michel Pranville, aux Éditions Mirobole.

Francisco José Viegas, né en 1962 à Vila Nova de Foz Coa. Professeur universitaire à Evora, puis journaliste de radio et de télévision. Directeur de la revue littéraire Ler, de la Maison Fernando Pessoa, animateur d’hebdomadaires d’actualités et littéraires à la télévision. De 2011 à 2012, il est Secrétaire d’Etat à la Culture du gouvernement Passos Coelho. Il est aujourd’hui éditeur. Il publie un 1er roman policier en 1987, des recueils de poésie, une pièce de théâtre et à partir de 1989 des romans policiers d’abord animés par un duo d’enquêteurs Jaime Ramos et Filipe Castanheira. Son univers est proche de celui de Manuel Vázquez Montalban et de Henning Mankell. Ses filiations ? Chandler et Simenon. Les enquêtes de l’inspecteur Jaime Ramos sont autant de radiographies d’un Portugal tiraillé entre son passé colonial et son présent européen.

Pourquoi des russes se font-ils assassiner dans le Minho ? Pourquoi une jeune fille de bonne famille disparait-elle entre Porto et Vigo ? Qui est donc ce mystérieux collectionneur d’herbe qui envoie un jeune ingénieur parcourir les ex-colonies portugaises ?

Cette double enquête sera comme toujours chez Francisco José Viegas aussi une enquête sociale ici sur d’une part l’émigration au Portugal de ressortissants de Pays de l’Est après la fin du Rideau de fer et d’autre part un portrait de quelques-unes des grandes familles du nord face à la décolonisation et à la période révolutionnaire post-25 Avril 1974. Nous sommes dans un roman d’enquête même si l’auteur prend des libertés avec les codes du polar : une chronologie bousculée, des ruptures inattendues, des états d’âme généreusement dispensés, des recettes de cuisine car Jaime Ramos est un fin cordon bleu. Viegas est à l’opposé de Ian Fleming et Jaime Ramos n’est pas James Bond. C’est un roman policier intimiste qui développe la psychologie de tous ses personnages, les protagonistes comme les secondaires, et celle des victimes ! Pour mieux comprendre les crimes, l’enquêteur -un demi-dieu – doit reconstituer leur vie, et pas seulement dans ses derniers instants. Jaime Ramos a toujours eu une tendresse pour ses cadavres. Le thème du Collectionneur d’herbe est universel : la famille, le pouvoir, le sexe et l’argent. Le décor, lui, est unique : la ville de Porto, le nord du Portugal entre les embouchures du Douro et du Minho, décrits avec sensibilité et poésie. Le récit progresse en boucles successives, rendant une musicalité très particulière qui signe les textes de Francisco José Viegas depuis trop longtemps absents des librairies françaises.

 

Pierre Michel Pranville
Pierre Michel Pranville est membre associé du CREPAL, traducteur de Miguel Miranda et de Francisco José Viegas, et spécialiste du roman policier lusophone auquel il a consacré ses recherches. Il est aussi rédacteur de la revue 813, Littératures policières et anime la toute nouvelle collection NOIR chez Envolume, jeune éditeur à Paris.

 


 

 

  • Assistez au lancement du Collectionneur d’herbe le 15 mars
    à la Fondation Calouste Gulbenkian à 18h30 en présence de l’auteur et de son traducteur
    39 Boulevard de la Tour-Maubourg, 75007 Paris

 

  • Francisco José Viegas sera aussi présent au salon Livre de Paris le vendredi 16 mars à 17h30
    (
    pour le débat Le roman policier lusophone dans tous ses états entre Francisco José Viegas et Edyr Augusto sur l’Espace Brésil)
    ainsi que le
     samedi 17 mars à la Porte de Versailles