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Entretien avec Dan Inger

Cap Magellan a rencontré Dan Inger, chanteur et musicien français d’origine portugaise, qui présente actuellement le livre Trois notes de Blues pour un Fado – Entretiens avec Altina Ribeiro, sorti chez Chiado Editeur. À cette occasion, nous lui avons posé quelques questions sur son livre, sa carrière et ses futurs projets.

 

Cap Magellan (CM) : Pourquoi le choix du nom Dan Inger?

J’ai commencé mon parcours artistique en chantant des reprises de rock n’roll et autres titres sixties dans les dîners-spectacles et le nom devait aller avec le genre musical que je chantais à l’époque.

« Dan » est le diminutif de Daniel, mon prénom, et Inger vient tout simplement du mot singer (chanteur en anglais). J’ai tourné comme ça une petite dizaine d’année, puis, quand j’ai enregistré mon premier disque en 1996, la question « Est-ce que je dois reprendre mon vrai nom ou pas ? » s’est posée. Mais j’avais l’impression de laisser un bout de moi-même sur la route. Alors, j’ai continué avec Dan Inger, mais toutes mes chansons de ma composition sont signées de mon vrai nom, Daniel dos Santos.

 

CM : Pourquoi le choix du titre Trois notes de blues pour un Fado ?

A l’origine, le blues était le chant quotidien, entre peine et espoirs, du peuple noir américain, et le mot fado vient de « fatum », c’est-à-dire « destin ». Ma chance étant jusqu’à présent plutôt en « dents de scie » (rires), avec certes des belles rencontres mais aussi avec quelques vilains coups du sort, ce titre m’est venu naturellement pour signifier tout mon univers.

 

CM : D’où est venue l’idée d’écrire un livre/interview?

En tant qu’artiste, nous avons tous et toujours des moments de doute, et cette peur que tout s’arrête. J’avais quand même l’impression d’avoir vécu des beaux moments, et même des instants hallucinants, qu’étant plus jeune, je n’aurais même jamais rêvé réaliser, comme, par exemple, pouvoir chanter en duo avec Lio, Rui Veloso, ou avec d’autres artistes comme Mísia. J’avais envie de raconter tout ça, mais ça me paraissait un travail énorme ! Pour écrire une chanson, on peut jouer sur les mots ou sur la poésie, mais, pour un livre, il faut que ça soit compréhensible par tous. Comme j’essaye toujours d’avoir une démarche sincère par rapport au public,  je ne voulais pas utiliser ce qu’on appelle dans le milieu littéraire un « nègre » c’est-à-dire, quelqu’un qui écrit pour vous et puis vous signez à sa place. Mísia et Lio ont, elles aussi, raconté leur histoire sous la forme d’entretiens et cette façon de faire me convenait.

 

Quand j’ai lu le premier livre d’Altina Ribeiro, Le Fado pour seul bagage, j’ai eu l’impression de lire le livre d’une grande sœur que je n’ai pas. Ça m’a rappelé plein de souvenirs, plein d’odeurs, plein de choses de mon enfance. Et donc, c’est tout naturellement que je lui ai proposé d’écrire avec moi.

 

CM : Quel est le principal objectif de ce récit?

L’objectif au départ était de laisser un peu prétentieusement une trace de mon parcours. Mais, c’est aussi comme un cadeau au public, en lui livrant un peu de l’envers de mon décor ; ils le méritent ! Car je n’ai pas toujours la chance d’aller en province et il y a régulièrement des gens qui font des kilomètres pour venir me voir en concert sur Paris. Après ce livre, je pense faire sortir une compilation de mes titres marquants. Je pourrai alors tourner la page et passer à autre chose.

 

CM : Est-ce que dans vos projets/travail il y a une envie de rapprochement avec votre double culture?

La culture de mes parents fait partie intégrante de moi-même. Je me sens réellement français mais je ne peux pas l’être sans cette part portugaise. Je vais d’ailleurs régulièrement au Portugal pour les vacances ou pour la musique.

Je suis tout simplement français d’origine portugaise. Jamais l’un sans l’autre ! Je porte les deux cultures en moi et naturellement, sans plus me poser de question.

 

CM : Quels sont vos projets/albums prévus pour le futur?

Comme je vous disais tout à l’heure, j’ai cette compilation de 20 titres où je compte inclure cette version inédite de mon duo avec Rui Veloso et la participation du bluesman français Patrick Verbeke. Il y aura aussi le titre qu’on a enregistré très récemment  avec  Júlia  Ribeiro « I’ve never been an angel », ainsi que « Azul » qui est une chanson que je chante depuis quelques années et qui n’a jamais été éditée. Après, si les choses se profilent correctement, j’espère pouvoir sortir un cinquième album. J’aimerais mélanger sur un même disque quelques titresrhythm and blues avec une section de cuivres, ce que je fais déjà sur scène avec mon gang et, sur d’autres morceaux, continuer à peaufiner mon « fado blues » avec un son très intime et acoustique et ce son cristallin de la guitare portugaise.

 

Dan Inger est actuellement au théâtre Clavel avec un spectacle jeune public et familial, « Les voyages en chansons – Dan en solo » avec des titres de sa compositions. Le 21 mai 2016, Dan Inger et son quartet Fado Blues seront à Palaiseau pour un « Atlântico Tour ». Billetterie sur les réseaux habituels