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7 juin 2018

Lúcia de Carvalho nous présente Kuzola

Lauréate du Prix Cap Magellan-TRACE Toca de la meilleure révélation artistique musical 2016, Lúcia de Carvalho poursuit son chemin de manière ascendante. Un album dans les bacs, une tournée, des scènes, des projections et une sortie nationale de son documentaire Kuzola — Le chant des racines au cinéma ! C’est à l’occasion de cette sortie que nous avons rencontré l’éclatante Lúcia de Carvalho et Hugo Bachelet, le talentueux réalisateur derrière ce magnifique documentaire.

Kuzola raconte le voyage qu’entreprend Lúcia dans le monde lusophone pour enregistrer son nouvel album. Mais de Lisbonne à Luanda, de Strasbourg à Salvador de Bahia, l’artiste alsacienne par adoption se révèle en quête de sa propre identité. Á travers les textes de ses chansons, et au contact de sa famille biologique, la chanteuse nous dévoile son histoire personnelle. Un parcours sincère et touchant qui la pousse à parcourir le monde, avec la musique comme passeport.

 

Cap Magellan : Comment est né le projet Kuzola, l’album et le documentaire ?

Lucia – Le projet Kuzola est d’abord né à deux, avec Lucia de Carvalho et Edouard Heilbronn, le guitariste. Nous avions déjà quelques chansons en tête mais rien de concret. C’est en rencontrant Hugo que nous avons eu cette envie de faire un album sur la route par rapport au documentaire.

Hugo – L’histoire de personnelle de Lucia, son combat intérieur de savoir qui elle est avec ses origines angolaises, son amour pour la musique brésilienne et son attachement fort à la France et à l’Alsace, je me suis dit qu’il y avait vraiment quelque chose à faire pour raconter son histoire personnelle à travers l’enregistrement de cet album. Ce qui est intéressant c’est qu’avec le film nous puissions voyager avec Lucia, être un peu dans ses bagages et comprendre pourquoi elle entreprend ce voyage

 

Cap Magellan : Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ?

Hugo – En Angola, ça n’a pas toujours été évident de filmer (rires). Les personnes autour étaient très soucieuses de ce que l’on filmait surtout sur la voie publique mais à part ça tout se passait bien. Au studio avec les musiciens, dans la famille de Lúcia nous avons eu un accueil très chaleureux, un peu comme si nous faisons partie de la famille.

Lucia – Depuis le début ça été fait de beaucoup d’aventures, beaucoup de défis. C’est-à-dire on a commencé le projet a deux, on s’est dit a deux on va faire quelque chose de petit à notre mesure mais à chaque pas que l’on faisait, la vie nous faisait avancer plus loin et forcément quand on va plus loin et qu’on fait un pas vers l’inconnu on ne sait pas où va aller, d’où une certaine difficulté mais tout se résolvait au final. Par exemple sur la création artistique, sur un des morceaux Edouard et moi nous étions bloqués nous ne savions plus quoi faire, il s’est alors souvenu d’un ancien professeur de basse qui habitait à Bahia. A la rencontre de ce professeur, il a su trouver ce qui manquait.

 

Cap Magellan : Quelle différence vous a frappé entre le Brésil et l’Angola ?

Hugo (28’03) – Ce que Lúcia raconte un peu dans le film et ce que je trouve aussi intéressant c’est qu’au Brésil, les brésiliens « cultivent » leur africanité surtout dans le Nordeste. Ils cultivent leurs origines africaines que ce soit de manière folklorique pendant le carnaval, mais aussi au quotidien. En Afrique, nous sommes arrivés dans une Angola tournée vers le futur qui a presque envie de se débarrasser de son histoire, un pays tourné vers l’Europe. Ça été quelque chose de surprenant. Dans le documentaire va très vite au Brésil et Lucia comprends très vite pourquoi elle se reconnait dans cette musique brésilienne, un point qui va l’emmener vers l’Angola c’est une étape avant de retourner aux racines.

Lucia – C’est vrai que j’ai un peu l’impression que le Brésil c’est le pont qui m’a ramené en Angola. Au Brésil, ils préservent l’africanité plus que dans le milieu urbain en Angola, pour trouver des choses plus traditionnelle et lier à la percussion au Brésil plus facile d’accès.

 

Cap Magellan : Quel est le souvenir le plus marquant ? l’anecdote la plus marquante ?

Hugo – Le premier jour de tournage au Brésil, nous venions tout juste d’arriver et c’était le premier jour du carnaval à Recife donc c’était pleins de vie, plein de musique, plein de couleur. Pour moi qui ne connaissais pas du tout la culture lusophone, j’ai été plongé en plein dedans sans transition. Ça été intense mais en même temps prometteur, d’autant plus que Lúcia faisait partie d’une bande de Maracatu, elle défilait en faisant des percussions pendant le carnaval. Tout de suite je me suis dit qu’il y avait déjà des choses visuellement fortes pour le film. La troupe de Maracatu s’appelle « Nação Angola » donc c’était vraiment symbolique, par rapport tout ce que nous voulions raconter sur ses retours aux sources et recherches d’identité ça avait beaucoup de sens.

Lucia – Il y a certaines choses qui m’ont très ému : Au Brésil nous avons tourné avec le percussionniste du groupe Ilé Aiyê du quartier Bairro do Curuzu, nous étions dans leur sanctuaire Senzala do Barro Preto, la ou ils répètent. Le fait de de retrouver dans ses locaux et de parler avec ‘Vovo’, j’ai été vraiment touché notamment ce lorsqu’il disait qu’il invitait des groupes africains mais que ces mêmes groupes propose rien en retour. Son rêve est que quelqu’un de l’Afrique les invite à participer dans un projet africain. Mais l’Afrique ne s’intéresse pas forcement à eux. Il y a aussi le fait d’être avec grand-mère biologique, ça faisait des années que je n’avais pas eu de contact. Elle représente mes racines, mes ancêtres en quelque sorte. Elle est décédée la vielle de la première projection du documentaire. C’est quelque chose qui m’a vraiment touché.

 

 

Cap Magellan : Qu’est-ce que ce projet vous a appris ?

Lucia – J’ai l’impression que quelque part ce documentaire m’a construit, tout a été possible parce que je me suis laissé porter, je prévoyais certaines choses mais je faisais le maximum pour faire confiance à la vie, à cette énergie de l’amour et me dire que les choses allaient bien se passer. Cela été une aventure humaine indescriptible. Avec les musiciens, les personnes que j’ai rencontrées j’ai pu sentir une connexion, j’ai ressenti qu’on pouvait sentir une connexion autrement qu’à travers la musique avec ce documentaire grâce à Hugo, grâce à sa vision du film. J’ai été très touché par le regard qu’Hugo avait sur moi sur, mon histoire, le documentaire me correspond vraiment. C’était pour moi une thérapie en quelque sorte. Ça m’a appris quelque chose de très important : avoir confiance dans la vie. Dès le départ il y a pleins de choses qu’on ne savait pas qui allait se passer. Si on m’avait dit dès le départ : écoute l’année prochaine tu vas faire un album entre la France le Brésil et l’Angola ; il va falloir qu’il y ait quarante musiciens qui participent, il va falloir que tu trouves l’argent (près de dix mille euros) pour faire cet album et pleins de défis comme ça. Mais on a eu de l’aide de la DRAC, de la ville. Et surtout la rencontre avec Hugo. Chaque défi sont devenu des opportunités, et même dans les moments de doute il s’est produit quelque chose de super et inespéré.

 

Hugo – De mon côté je savais que nous allions faire un film musical que nous allions nous attacher à l’artiste mais je ne pensais pas que le film serait à même de toucher les personnes des personnes qui ne sont pas lusophone ou   pas intéressées à la musique afro brésilienne, au cours des projections que nous avons faites en 2017 – festival dans plusieurs pays, élections, showcases, etc. Maintenant nous sommes à la troisième vie du film : la divulgation à un public de cinéma. Nous nous sommes dit c’est incroyable ça touche vraiment. C’est grâce à Lucia, à son discours, à sa façon de voir la vie et sa façon d’affronter les déceptions, les obstacles. Pour moi ça été marquant, par exemple les premiers jours de tournage, au Brésil, j’essayais de tout contrôler (rires) mais avec Lucia et sa philosophie de prendre les choses telles qu’elles viennent, nous avons appris à « laisser couler ». J’ai commencé à réagir comme ça, je me suis détendu, je laissais plus les choses avancer d’elle-même et je les prenais comme elle venait et laissait les choses se faire naturellement.

« Prendre la vie comme elle vient et ne pas baisser les bras » un beau message qui nous invite à (re)découvrir l’univers de Lúcia de Carvalho à travers son album et le documentaire !

 

 

Les dates à ne pas rater :
  • Mardi 5 juin : BASTIA / (+ rencontre avec Hugo Bachelet)
  • Samedi 16 juin : BRUXELLES / Aventure (+ showcase de Lúcia de Carvalho)
  • Mardi 19 juin : MULHOUSE / Bel Air (+ showcase de Lúcia de Carvalho)
  • Mercredi 20 juin : SORTIE NATIONALE : Projections dans toute la France (Nantes, Gençay, Moëlan-sur-mer, Arles, Montpellier…)
  • Vendredi 22 juin : MARSEILLE / Gyptis (+ showcase de Lúcia de Carvalho)
  • Samedi 23 juin : MONTPELLIER / Utopia (+ showcase de Lúcia de Carvalho)
  • Jeudi 28 juin : TOUL / Citéa (+ showcase de Lúcia de Carvalho)

 

Grace Lomingo