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Le Portugais Mario Centeno élu président de l’Eurogroupe

Portugal's Finance Minister Mario Centeno and president of the Eurogroup speaks at the at the European Commission in Brussels, Belgium, December 4, 2017. REUTERS/Yves Herman

Candidat des grands pays, France et Allemagne en tête, il remplacera le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem à partir du 13 janvier, pour un mandat de deux ans et demi.

Une page se tourne à Bruxelles. Un ministre de gauche et du sud de l’Europe prend la tête de l’Eurogroupe, ce quasi-gouvernement de la zone euro régulièrement critiqué pour son opacité et ses défaillances démocratiques. « C’est un honneur… Nous avons une fenêtre très unique pour continuer à mieux préparer nos économies et nos sociétés… » a déclaré, hésitant, le ministre des finances portugais Mario Centeno, lundi 4 décembre, juste après avoir été choisi par ses pairs.

Cet économiste de presque 51 ans, parfait francophone, passé par la Banque centrale du Portugal mais presque inconnu à Bruxelles, était le candidat des grands pays, France et Allemagne en tête. Deux tours de vote ont pourtant été nécessaires pour le désigner face à trois challengers (le Luxembourgeois Pierre Gramegna, le Slovaque Peter Kazimir et la Lettone Dana Reizniece-Ozola).

Succéder à Jeroen Dijsselbloem

Entré au gouvernement de coalition socialiste-gauche radicale d’Antonio Costa fin 2015, M. Centeno va récupérer l’un des cinq postes les plus importants de l’Union. Il remplacera à partir du 13 janvier le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, pour un mandat de deux ans et demi. Parviendra t-il à réorienter un club jusqu’à présent très attaché à la feuille de route des pays du nord de l’Europe, la réduction des déficits primant sur la relance par l’investissement ?

Son prédécesseur était lui aussi un nouveau venu à Bruxelles quand il a repris le flambeau laissé par Jean-Claude Juncker en 2013 (le Luxembourgeois fut le premier président de l’Eurogroupe, pendant 8 ans). Le Néerlandais a connu des débuts erratiques, sa gestion de la crise chypriote commençant de manière catastrophique. Son manque de diplomatie lui a aussi joué des tours, encore début 2017 quand il déclarait à propos de la solidarité entre Etats : « Je ne peux pas dépenser tout mon argent pour le schnaps et les femmes et ensuite réclamer leur soutien. »

Il a finalement gagné le respect de ses pairs. Son principal fait d’armes ? Avoir su maintenir le dialogue entre Bruxelles, Berlin et Athènes au plus fort de la crise grecque, quand mi-2015, le pays était menacé de Grexit.

Ouvert aux propositions françaises

A Lisbonne, M. Centeno a su revenir sur des mesures d’austérité imposées par les créanciers du Portugal durant la crise, mais s’en est tenu à une gestion rigoureuse des finances publiques. A Bruxelles, il aura surtout pour tâche de trouver des compromis entre 19 gouvernements (dont le sien, il reste ministre en exercice) alors que les avis continuent à diverger sur la poursuite de l’intégration en zone euro.

Les controverses que suscitent les propositions de la Commission, avant même qu’elle les ait rendues publiques (ce sera mercredi 6 décembre), illustrent bien ces tensions. Certains, à Berlin, critiquent déjà comme une hérésie l’embryon de budget de la zone euro que proposera M. Juncker. Alors qu’à Paris, on trouve ces propositions trop timides.

« M. Centeno aura à cœur de faire tout le nécessaire pour intégrer davantage la zone euro, renforcer sa stabilité, et créer plus de croissance et d’emploi. C’est aussi l’analyse du président de la République Macron », a souligné le ministre des finances Bruno Le Maire lundi soir. Les Français assurent avoir beaucoup travaillé en sous-main pour faire élire M. Centeno.

M. Macron jugeait le poste crucial : il tenait à un président ouvert à ses propositions de réformes (un budget, un super-ministre et un parlement de la zone euro). Mais il aurait conseillé à M. Le Maire (qui était candidat) de s’effacer, jugeant qu’à ce poste très exposé il aurait eu du mal à jouer à la fois à l’arbitre et au promoteur du changement.

Lemonde.fr