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1 janvier 2026Le 11 décembre 2025, le Portugal a été plongé dans un climat de paralysie sociale et économique sans précédent depuis plus d’une décennie : une grève générale massive a touché l’ensemble du pays, mobilisant des millions de travailleurs et perturbant transports, écoles, services publics et entreprises.
À l’appel des deux principales centrales syndicales, la CGTP-IN et l’UGT, des centaines de milliers de travailleurs ont cessé le travail pour dénoncer la réforme du code du travail portée par le gouvernement de centre-droite de Luís Montenegro.
Le métro de Lisbonne est resté complètement fermé, les trains ont circulé au compte-gouttes, et plusieurs lignes de bus ont été suspendues faute de conducteurs. Dans les gares, les panneaux d’affichage ne montraient que des annulations, tandis que des voyageurs tentaient de trouver des solutions de remplacement.
Le secteur aérien a aussi été touché. La compagnie TAP Air Portugal a annulé la majorité de ses vols, tandis que d’autres compagnies internationales ont réduit leurs opérations vers Lisbonne et Porto.
Les écoles publiques, très mobilisées, ont fonctionné au ralenti, voire fermé dans certaines régions. Dans les hôpitaux, les services d’urgence sont restés ouverts, mais les consultations non urgentes ont été reportées. Dans plusieurs municipalités, la collecte des déchets a été suspendue.
Une réforme perçue comme une « attaque contre les travailleurs »
Le projet gouvernemental prévoit plus de 100 modifications du code du travail, dont la facilitation des licenciements dans les petites et moyennes entreprises, l’extension des contrats à durée déterminée, et une redéfinition des services minimums en cas de grève.
Les syndicats dénoncent une réforme susceptible d’accroître la précarité. Ils accusent aussi le gouvernement de vouloir restreindre, indirectement, l’exercice du droit de grève, notamment par l’élargissement des services minimums obligatoires.
À Lisbonne, des milliers de manifestants ont défilé devant le Parlement, arborant drapeaux rouges et banderoles dénonçant la « régression sociale » annoncée. L’unité syndicale, rare au Portugal, a renforcé l’ampleur du mouvement : l’UGT, généralement plus modérée, a rejoint la CGTP en estimant que les modifications proposées « mettent en péril l’équilibre des relations de travail ».
Un gouvernement déterminé à aller au bout
Le Premier ministre Luís Montenegro a salué « le droit constitutionnel à la grève », tout en affirmant que son gouvernement resterait « réformiste et déterminé ». L’exécutif juge la réforme essentielle pour moderniser le marché du travail. Selon ses défenseurs, il faut adapter le code du travail, jugé rigide et peu compatible avec les besoins des entreprises.
Mais pour les opposants, le moment choisi interroge : l’économie portugaise affiche une croissance solide et un taux de chômage parmi les plus bas de l’Union européenne.
Si la grève ne devait durer que 24 heures, plusieurs fédérations n’excluent pas de nouvelles mobilisations dans les semaines à venir. Le gouvernement, de son côté, affirme être ouvert au dialogue, mais sans renoncer à la réforme.
Marie Sobral




