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11 juin 2026Juin rime avec fierté. Depuis la descente de police au sein du bar gay newyorkais « Stonewall Inn » de juin 1969 et les émeutes ayant suivi, le mouvement pour les droits LGBTI s’est progressivement structuré à travers le monde.
Cet événement a sonné comme le début du chemin pour l’égalité pour les personnes se retrouvant dans l’acronyme LGBTI (Lesbienne, Gay, Bisexuel, Transgenre, Intersexe). Si, peu à peu, l’égalité se dessine, beaucoup reste encore à faire.
L’association ILGA publie, tous les ans, un classement des pays européens relatif à leur niveau d’égalité de droits pour les personnes LGBTI. En 2026, le Portugal a été classé 12e, position supérieure à celle de la France, se trouvant elle en 15e position.
Si de nombreux éléments restent à améliorer pour atteindre une égalité de droits, le Portugal se classe ainsi dans les « bons élèves » européens, notamment en termes de droits de la famille, de reconnaissance légale du genre, ou de société civile. Ici, on souligne entre autres l’interdiction de thérapies de conversion (entrée en vigueur en 2024), les différentes possibilités de Procréation Médicalement Assistée (PMA) pour les couples de femmes, ou encore le droit au mariage et à l’adoption pour les couples de même sexe.
ILGA recommande néanmoins l’implémentation au Portugal de différentes mesures, comme l’absence d’exigences abusives en matière de reconnaissance légale du genre (comme la stérilisation, une intervention chirurgicale ou médicale, ou un divorce obligatoire), la création d’une procédure de reconnaissance légale du genre basée sur l’autodétermination, ou encore l’interdiction de toute intervention médicale sur un mineur intersexué avant que celui-ci ne soit en âge de donner son consentement éclairé.
Malgré tout le chemin restant à parcourir au Portugal, ces différentes mesures en faveur de l’égalité pour les personnes LGBTI n’auraient pu être envisagées sans la Révolution des Œillets. En effet, l’homosexualité y était punie par le Code Pénal de 1852 et par la loi de 1912, et ce jusque 1982, près de 10 ans après la fin de la dictature. Si les premiers bars homosexuels ont surgi à Lisbonne dès 1969, encore sous la dictature, toute expression publique d’homosexualité était alors considérée comme du contenu explicitement pour adultes, et ainsi automatiquement censurée.
Ainsi, c’est seulement à partir de la dépénalisation de l’homosexualité en 1982 que les thématiques LGBTI deviennent concrètement un sujet à part entière. La présence d’artistes floutant les barrières du genre, comme António Variações (1944-1984), participe à une représentation plus libre des identités et des normes de genre. Si le début de l’épidémie de SIDA dans les années 1990 a d’un côté participé à une recrudescence de l’homophobie au Portugal et dans le monde, liée à une peur de contraction du virus, il a également fortifié et mis en lumière les mouvements de lutte pour les droits LGBTI, notamment au niveau de l’organisation concrète des différentes associations.
Le chemin vers l’égalité des droits au Portugal continue, avec quelques dates historiques clefs :
- 1999 : les personnes homosexuelles et bisexuelles peuvent désormais servir ouvertement dans les Forces Armées
- 2001 : l’union civil des couples de même sexe est reconnue
- 2003 : des lois anti-discrimination au travail sont adoptées
- 2007 : l’homophobie est reconnue comme un crime
- 2010 : le mariage s’ouvre aux couples de même sexe
- 2015 : les couples de même sexe peuvent désormais adopter
- 2016 : la PMA s’ouvre à toutes les femmes, indépendamment de leur état civil et de leur orientation sexuelle.
Au-delà des avancées légales, la question de l’inclusion reste centrale. Garantir l’égalité et la participation de tous, indépendamment de son orientation sexuelle ou de son identité de genre, passe aussi par l’éducation, les échanges culturels et la sensibilisation des jeunes générations. À ce titre, des initiatives comme les Encontros Europeus de Jovens Lusos organisés par Cap Magelln permettent de créer des espaces de dialogue autour des enjeux de société touchant les jeunes lusophones d’Europe, notamment les questions d’égalité, de diversité et de lutte contre les discriminations. Ces rencontres contribuent ainsi à promouvoir une vision plus inclusive des communautés lusophones européennes.
Ainsi, et si le mois des fiertés est un moyen de célébrer les identités de chacun et chacune, il est important de se rappeler du chemin parcouru, et de celui qu’il reste à parcourir.
Alicia Feras
Image : © Diane Ansault
Sources : ILGA Europe – « Portugal 1974-2010 : de la révolution des Œillets au bouquet du mariage pour tous »
Article du Cap Mag de mai 2026 – Voir l’article ici
Publiée le 09/06/2026




