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16 février 2026Le deuxième tour de l’élection présidentielle portugaise, tenu le 8 février 2026, a consacré une victoire claire du socialiste António José Seguro contre le candidat d’extrême droite André Ventura, donnant ainsi au pays un profil politique résolument modéré et pro-démocratique après un scrutin marqué par de fortes tensions politiques et sociales.
Selon les résultats officiels, Seguro remporte l’élection avec une large avance, obtenant 66,82 % des suffrages exprimés face à Ventura qui recueille 33,18 % des voix, une victoire qui se traduit par près de 3 ,48 millions de votes pour le candidat socialiste contre environ 1,72 million pour son adversaire au second tour (Fondation Robert Schuman). Cette ample marge illustre non seulement l’adhésion d’une majorité de Portugais à une ligne politique modérée, mais aussi le refus massif d’une rupture radicale incarnée par le candidat de Chega.
Concernant la participation nationale, celle-ci s’est élevée à environ 50,11 %, malgré des conditions météorologiques difficiles ayant perturbé le déroulement du scrutin dans plusieurs localités du pays. La nécessité d’un seul second tour depuis 1986 souligne l’intensité de la compétition politique lors de ce cycle électoral et l’équilibre initial des forces en présence après le premier tour du 18 janvier.
Profil du nouveau président
À 63 ans, António José Seguro est une figure bien connue de la vie politique portugaise. Membre de longue date du Parti socialiste (PS) et ancien secrétaire général de ce parti, il a su rassembler au-delà des seules bases socialistes en plaidant pour une campagne d’« union démocratique », appelant à faire barrage à l’extrémisme et à la division sociale. Sa candidature a été portée par un large rapprochement des électorats des candidats éliminés au premier tour, notamment ceux qui s’étaient rassemblés autour de figures indépendantes ou libérales, ce report de voix a été déterminant pour assurer son succès au second tour.
La victoire de Seguro, tout en consolidant une orientation centriste et démocratique du Portugal, intervient dans un contexte de recomposition politique nationale. Elle suit une période durant laquelle l’extrême droite représentée par André Ventura et son parti Chega a connu une percée significative dans le paysage politique portugais, devenant une force politique incontournable en dépit de sa défaite finale à la présidence. Ventura, malgré sa défaite, a réussi à atteindre le meilleur score de l’histoire de son mouvement, confirmant l’ancrage durable de sa formation et sa capacité à mobiliser un électorat significatif dans le pays. Une histoire loin d’être terminée…
Signification politique et implications pour l’avenir
L’élection de Seguro est interprétée par de nombreux observateurs comme une déclaration de confiance en les valeurs démocratiques et institutionnelles portugaises, opposée aux idées populistes et nationalistes portées par Ventura. Elle montre aussi que, même dans un climat politique européen où les discours anti-système gagnent du terrain, une majorité transparente de citoyens portugais choisit encore la stabilité, la modération et la coopération politique, rejetant les solutions radicales proposées par l’extrême droite.
Pour la diaspora lusodescendante, ce résultat a plusieurs significations. Il peut être jugé comme un signal fort en faveur de la préservation des valeurs démocratiques, du respect de l’État de droit et d’un agenda politique centré sur la cohésion sociale plutôt que sur les divisions identitaires ou culturelles. La victoire de Seguro, qui appelle à l’unité des forces démocratiques, pourrait ainsi renforcer les lien politiques et symboliques entre les Portugais de l’étranger et leur pays d’origine, contribuant à atténuer certaines fractures révélées au premier tour, notamment dans des communautés comme celle de France où André Ventura avait obtenu une forte adhésion.
En résumé, la seconde phase de l’élection présidentielle de 2026 marque une consolidation du centre politique au Portugal, incarnée par António José Seguro. Tout en reflétant les défis persistants de la politique contemporaine notamment la normalisation de thèmes populistes dans le débat public, le scrutin se solde par une victoire qui réaffirme l’attachement majoritaire aux valeurs démocratiques et à une gouvernance reposant sur la coopération plutôt que sur la confrontation.
Pour rappel, lors de son entretien écrit avec Cap Magellan en janvier, le président et candidat de l’époque avait fourni de précieuses réponses aux questions relatives à la citoyenneté, la communauté portugaise de l’étranger et la jeunesse :
CAP MAGELLAN: A juventude lusodescendente, sobretudo em França, sente-se pouco reconhecida pelas instituições portuguesas. Como futuro Chefe de Estado, que medidas concretas tenciona adotar para valorizar o papel da juventude da diáspora e integrá-la na definição da identidade nacional portuguesa?
António José Seguro: A juventude lusodescendente é parte integrante da identidade nacional portuguesa e deve ser reconhecida como tal. Valorizar o seu papel implica reforçar ligações efetivas a Portugal, não apenas através da língua e da cultura, mas também por meio da educação, da formação profissional, da ciência, da inovação e do contacto regular com as instituições portuguesas.
CAP MAGELLAN: Que mensagem gostaria de dirigir diretamente aos Portugueses e Lusodescendentes que vivem na Europa e no resto do mundo?
António José Seguro: Portugal é muito maior do que o seu território. Vive nas comunidades que, fora de portas, nunca deixaram cair a língua, a cultura e o sentido de pertença. Vive em quem partiu por necessidade, construiu uma vida com esforço e nunca deixou de olhar para Portugal como casa. Como Presidente da República, assumo um compromisso claro: onde estiver um português, estará Portugal. A Presidência será uma casa aberta às comunidades, um espaço de escuta, respeito e reconhecimento.
Enzo Frederico,
Étudiant à l’Université de Madrid




