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15 juin 2026Créée pour rapprocher les pays de langue portugaise, la Communauté des Pays de Langue Portugaise s’est imposée au fil des années comme un espace de coopération politique, culturelle et diplomatique entre plusieurs continents.
Avec plus de 260 millions de locuteurs répartis sur plusieurs continents, la langue portugaise est aujourd’hui l’une des plus parlées au monde. Elle constitue la langue officielle de neuf États : le Portugal, le Brésil, l’Angola, le Mozambique, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau, São Tomé-et-Príncipe, le Timor oriental et la Guinée équatoriale. Héritage de l’expansion maritime portugaise, cette présence mondiale s’est maintenue après les indépendances, les nouveaux États ayant choisi de conserver le portugais comme langue officielle et langue d’unité nationale. Afin de renforcer les liens historiques, culturels et politiques entre ces pays, la Communauté des Pays de Langue Portugaise a été créée le 17 juillet 1996 à Lisbonne.
L’idée d’un rapprochement institutionnel entre les pays lusophones émerge dès les années 1980. En 1989, les chefs d’État et de gouvernement des pays de langue portugaise se réunissent pour la première fois à São Luís do Maranhão, au Brésil, donnant naissance à l’Institut international de la langue portugaise (IILP), chargé de promouvoir la langue portugaise à l’échelle mondiale. Quelques années plus tard, la volonté d’approfondir la coopération politique et diplomatique aboutit à la création de la CPLP. Les sept membres fondateurs sont alors l’Angola, le Brésil, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau, le Mozambique, le Portugal et São Tomé-et-Príncipe. Le Timor oriental rejoint l’organisation en 2002 après son indépendance, puis la Guinée équatoriale en 2014.
Depuis sa création, la CPLP cherche à dépasser le simple cadre linguistique. Son objectif est de renforcer la concertation politique entre les États membres, de développer la coopération économique, culturelle, éducative et scientifique, mais aussi de promouvoir les valeurs démocratiques, les droits humains et l’État de droit. L’organisation repose sur des principes de souveraineté des États, de non-ingérence dans les affaires internes et d’égalité entre les membres. Son fonctionnement s’articule autour de plusieurs institutions, notamment la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, ainsi qu’un Conseil des ministres annuel chargé de coordonner les principales orientations politiques.
Ces dernières années, la question de la mobilité est devenue un enjeu central au sein de la CPLP. Lors du sommet de Luanda en 2021, les États membres ont adopté un accord de mobilité destiné à faciliter la circulation des citoyens lusophones entre les pays de la communauté. L’objectif est de simplifier l’obtention de visas et de favoriser les échanges universitaires, professionnels et culturels. Si l’application de cet accord varie encore selon les pays, il marque une étape importante dans la construction d’un espace lusophone plus intégré.
Le Portugal joue un rôle majeur dans cette dynamique. En tant que membre de l’Union Européenne, le pays concentre une part importante des mobilités au sein de la CPLP. Le Portugal a renforcé ces dernières années l’application du régime de résidence destiné aux ressortissants de la CPLP, en simplifiant les procédures administratives et en facilitant l’accès aux titres de séjour dans le cadre de l’accord de mobilité lusophone.
Aujourd’hui, la CPLP compte également plusieurs dizaines d’États observateurs répartis sur différents continents, preuve de l’intérêt diplomatique croissant suscité par cet espace lusophone. Malgré des différences économiques et politiques importantes entre ses membres, l’organisation continue de renforcer sa visibilité internationale et de développer des coopérations concrètes dans de nombreux domaines. Près de trente ans après sa création, la CPLP est plus qu’une organisation linguistique : un espace de dialogue et de coopération entre des peuples liés par une langue et une histoire communes.
Victor Soares,
Étudiant à la Sorbonne Nouvelle
Image : © Sardon – Carte du monde lusophone – Wikimedia
Article du Cap Mag de mai 2026 – Voir l’article ici
Publiée le 09/06/2026




