
“Geração Europa”, Jeunesse Lusodescendante, Citoyenneté Européenne et Langue Portugaise, les 10 et 11 octobre 2026 à Paris
9 octobre 2026Exposition “Sur les traces des Portugais à Paris” de l’APESIP Balzac au Consulat Général du Portugal à Paris
12 octobre 2026Du 8 au 20 septembre, la Maison du Portugal André de Gouveia accueillait l’exposition Enfin chez soi ? Identités, migrations et récits d’appartenance. Une réflexion féconde sur la notion d’appartenance au prisme des expériences migratoires.
Entre quête d’appartenance et déracinement, l’expérience de la migration est souvent synonyme d’identité multiple et fragmentée. D’ailleurs, parler d’identité pose aussi la question de la dépossession du sentiment d’appartenance. Le « chez soi » se construit également dans le regard des autres. Entre réflexion philosophique, réalités sociologiques et ressentis personnels, Enfin chez soi ? expose finement la tension entre migration et sentiment d’appartenance et offre à différentes artistes la possibilité d’en dessiner les contours et les enjeux. « Ce sont toutes des artistes qui ont eu une expérience migratoire et qui traitent de ce sujet-là dans leurs œuvres » détaille Liliana Tavares Ribeiro, commissaire de l’exposition.
Lieu d’expression
Chaque artiste emmène à l’évènement une vision et un mode d’expression intime et singulier. Les tableaux et les installations colorées de Carlota Sandoval Lizarralde brillent par leur sensibilité. L’artiste charge des objets du quotidien d’une grande valeur mémorielle. Dans son installation « Aire bendito », un ventilateur chargé de chapelets bariolés, devient la figure d’une identité partagée.
Ce qui marque, ce sont aussi les mots, les témoignages qui parsèment la visite ; qu’ils soient ceux recueillis par Carlota Matos auprès de lycéens chargés de questionner leurs parents sur leurs trajectoires migratoires, ou ceux qui ont inspiré Ana Isabel Freitas pour la réalisation de ses tableaux semblables à des paysages états d’âme. Enfin chez soi ? est avant tout un lieu d’expression qui entend aborder la question de l’appartenance en mettant en résonance l’expérience de chacun.
Dans cette optique, l’exposition a ouvert ses portes à l’association L’Atelier des Noctambules, pilotée par Nathalie Afonso. L’association permet aux adhérents d’aborder la création comme un moyen d’exploration de soi et du monde, donnant lieu à des œuvres collectives nourries par des sensibilités variées.
Première réussie pour Aïcha Lopes et Liliana Tavares Ribeiro
Commissaires de l’exposition, Aïcha Lopes et Liliana Tavares Ribeiro sont étudiantes en
Master à l’IESA (L’école internationale de la culture et du marché de l’art). Pour cette première exposition entièrement organisée par leurs soins, la question du « chez-soi » leur est apparue naturellement, comme elle était apparue au fil de leur rencontre. « On a très vite abordé les sujets de nos familles… » se souvient Aïcha, « à quel point on se sentait intégrées en France, d’où venaient nos parents, Liliana est portugaise, mon beau-père est cap-verdien mais je ne suis pas forcément cap-verdienne moi-même… »
Si la majorité des artistes exposés sont d’origine portugaise (le projet est co-porté par Cap Magellan et parrainé par l’humoriste José Cruz), le propos de l’exposition est universel. Le choix de la cité internationale est symbolique « c’est un lieu qui accueille des étudiants de tous les horizons » explique Liliana. Les deux organisatrices se satisfont d’ailleurs de l’écho trouvé par leur projet, « on ne pensait pas avoir toute cette visibilité » s’enthousiasme Aïcha Lopes. Sa collègue complète« on a pu voir dans le livre d’or, que l’exposition ne touchait pas seulement les gens qui avaient une expérience migratoire mais aussi ceux qui cherchent leur place dans le monde… On a eu plein de messages ! ». Encore des témoignages donc.
Galdric Mayol Moulin
Article issu du CAPMag d’octobre 2026 – Lire l’article ici



